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Des explosions meurtrières ravagent Bujumbura : l’explosion d’un dépôt de munitions fait des dizaines de morts

Des explosions catastrophiques dans un dépôt de munitions militaires à Bujumbura, au Burundi, mardi soir, ont tué au moins 18 civils et en ont blessé plus de 120, détruisant des dizaines de maisons. Le gouvernement a ouvert une enquête sur les causes de la catastrophe.

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Des explosions meurtrières ravagent Bujumbura : l’explosion d’un dépôt de munitions fait des dizaines de morts

Des explosions catastrophiques secouent la capitale du Burundi

Bujumbura, Burundi – Une série d'explosions catastrophiques dans un important dépôt de munitions militaires près de la capitale du Burundi, Bujumbura, dans la nuit de mardi 24 octobre 2023, a fait au moins 18 morts parmi les civils et plus de 120 blessés, selon des responsables locaux et des sources médicales. Les puissantes explosions, qui ont débuté vers 21h30, heure locale et se sont poursuivies par intermittence pendant plusieurs heures, ont détruit des dizaines de maisons dans les zones résidentielles adjacentes et envoyé des ondes de choc à travers la ville, plongeant les habitants dans le chaos et la peur.

L'épicentre de la catastrophe a été identifié comme étant la caserne militaire de Gihanga, située juste à l'extérieur du centre-ville, à la limite du district densément peuplé de Kamenge. Des témoins ont décrit un spectacle terrifiant de boules de feu illuminant le ciel nocturne, suivi d'une série de détonations assourdissantes qui ont secoué des bâtiments à des kilomètres de là. Les services d'urgence, déjà à bout de souffle, ont eu du mal à atteindre la zone immédiate de l'explosion au milieu des explosions incessantes et d'une panique généralisée.

Dévastation à Kamenge et au-delà

Les zones résidentielles les plus proches de la caserne de Gihanga ont été les plus touchées par les explosions. A Kamenge, notamment dans les quartiers de Cibitoke et Ngagara, des pâtés de maisons entiers ont été réduits en ruines. Les premières évaluations de la Croix-Rouge du Burundi indiquent que plus de 60 maisons ont été complètement détruites, laissant du jour au lendemain des centaines de familles sans abri. Des centaines d'autres ont subi d'importants dégâts structurels, avec des toits arrachés, des fenêtres brisées et des murs effondrés.

«C'était comme un tremblement de terre, mais en bien pire», a raconté Marie Nkurunziza, 47 ans, mère de trois enfants, dont la maison à Cibitoke a été rasée. "Nous étions justement assis pour dîner lorsque la première explosion a frappé. La maison a tremblé violemment, puis le toit s'est effondré. Nous sommes sortis en courant, nous échappant de justesse. Maintenant, tout a disparu." Son témoignage est repris par des dizaines d'autres personnes qui ont passé la nuit à fouiller les décombres, à la recherche d'êtres chers et du peu qui restait de leurs biens.

Les hôpitaux de Bujumbura, notamment l'hôpital Prince Regent Charles et l'hôpital King Khaled, ont rapidement été submergés de blessés, dont beaucoup souffraient de blessures causées par des éclats d'obus, de brûlures et de blessures causées par l'effondrement de structures. Le Dr Jean-Luc Ndikumana, chef des services d'urgence de l'hôpital Prince Regent Charles, a confirmé ce sinistre bilan. "Nous avons traité plus de 100 patients jusqu'à présent. La situation est critique et nous lançons un appel aux dons de sang et de fournitures médicales."

Réponse officielle et enquête

Par la suite, le gouvernement burundais a pris des mesures pour faire face à la crise, bien qu'avec des retards initiaux en raison de l'ampleur de la catastrophe. Le Colonel Antoine Ndayishimiye, porte-parole de la Force de Défense Nationale du Burundi (FDNB), a publié un communiqué confirmant l'incident survenu au dépôt de munitions de Gihanga et exprimant ses condoléances aux victimes. Il a souligné qu'une enquête approfondie avait été ouverte pour déterminer la cause des explosions.

« Notre priorité immédiate sont les opérations de sauvetage et de secours », a déclaré le colonel Ndayishimiye lors d'une brève conférence de presse mercredi matin. "Nous travaillons pour sécuriser le site et garantir qu'aucune autre détonation ne se produise. Une équipe spécialisée est déjà sur le terrain pour enquêter sur ce qui a déclenché cet événement tragique. Nous assurons le public que la transparence sera primordiale."

Le ministre de la Sécurité publique Gervais Rufyikiri s'est rendu dans les zones dévastées, promettant une aide gouvernementale aux familles déplacées et un soutien global aux blessés. Il a également annoncé une zone d'exclusion temporaire autour de la caserne, avertissant les résidents de ne pas y retourner jusqu'à ce que la zone soit déclarée à l'abri des munitions non explosées.

La paix fragile d'une nation

L'incident jette une ombre sombre sur le Burundi, une nation qui a enduré des décennies d'instabilité politique et de conflit. Alors que le gouvernement a rapidement attribué les explosions à un accident, le public exige des réponses concernant les protocoles de sécurité dans les installations militaires, en particulier celles situées à proximité des populations civiles. Les inquiétudes concernant le stockage des munitions vieillissantes et l'entretien de ces installations ont refait surface.

Les organisations humanitaires internationales, notamment l'UNICEF et le Programme alimentaire mondial, ont offert leur soutien, les efforts initiaux étant axés sur la fourniture d'un abri temporaire, de nourriture et d'une assistance psychologique aux personnes déplacées. Le Coordonnateur résident des Nations Unies au Burundi a publié une déclaration appelant à une enquête approfondie et impartiale, réitérant l'importance de la protection des civils.

Alors que les efforts de redressement se poursuivent, la population de Bujumbura se retrouve aux prises avec d'immenses pertes et incertitudes. Ces explosions nous rappellent brutalement les dangers potentiels posés par les infrastructures militaires en milieu urbain et soulignent la nécessité urgente de normes de sécurité strictes et d'inspections régulières pour éviter que de telles tragédies ne se reproduisent.

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