Une embuscade meurtrière secoue le sud du Liban
Deux soldats de la paix indonésiens servant dans la Force intérimaire des Nations Unies au Liban (FINUL) ont été tragiquement tués le vendredi 27 octobre 2023, après que leur véhicule blindé de patrouille a heurté un engin explosif improvisé (IED) dans un secteur instable du sud du Liban. L'incident, qui s'est produit près du village de Rmeish dans la zone d'opérations de la FINUL, marque le deuxième événement mortel pour la mission en moins de 24 heures, soulignant les dangers graves et rapidement croissants auxquels sont confrontés les soldats de la paix dans le contexte d'hostilités transfrontalières intensifiées entre Israël et le Hezbollah.
Les soldats de la paix tombés au combat ont été identifiés par la FINUL et le ministère indonésien des Affaires étrangères comme étant le sergent-major Adi. Sutrisno, 42 ans, et le Caporal Bayu Santoso, 31 ans, tous deux membres du contingent Garuda XXXIX-D indonésien. Leur véhicule blindé de transport de troupes MOWAG Piranha aurait effectué une patrouille de routine lorsque l'explosion s'est produite vers 10 h 45, heure locale. Trois autres soldats de la paix qui se trouvaient dans le même véhicule ont été légèrement à gravement blessés et ont été transportés par avion vers un centre médical de la FINUL pour y être soignés d'urgence. Leur état est signalé comme stable mais grave.
Le chef de mission de la FINUL et commandant de la Force, le général de division Aroldo Lázaro, a fermement condamné l'attaque, déclarant : « Cet acte odieux contre nos soldats de maintien de la paix est inacceptable et constitue une grave violation du droit international. Nos pensées vont aux familles de ceux que nous avons perdus et à notre personnel blessé. Nous travaillons en étroite collaboration avec les forces armées libanaises pour enquêter de manière approfondie sur cet incident et traduire les responsables en justice. »
La FINUL Un mandat sous tension extrême
L'attaque contre les soldats de maintien de la paix indonésiens suit de près un autre incident meurtrier signalé quelques heures auparavant. Jeudi 26 octobre, trois soldats de maintien de la paix irlandais ont été blessés, dont un grièvement, lorsque leur poste d'observation près de la Ligne bleue a été la cible de tirs indirects, probablement dus à une frappe de mortier égarée résultant d'échanges en cours. Ces incidents mettent en évidence la position précaire de la FINUL, qui opère dans une zone tampon devenant de plus en plus une ligne de front dans un conflit régional qui s'étend.
Créée en mars 1978, la FINUL a pour mandat de surveiller la cessation des hostilités entre le Liban et Israël, d'accompagner et de soutenir les Forces armées libanaises (FAL) au sud du Liban et d'assurer l'accès humanitaire. Avec environ 10 000 soldats de la paix provenant de 49 pays contributeurs de troupes, dont un important contingent indonésien, la FINUL constitue depuis longtemps une présence stabilisatrice. Cependant, la capacité de la mission à remplir son mandat est désormais mise à rude épreuve par l'ampleur et l'intensité sans précédent des opérations militaires.
L’escalade a commencé peu après qu’Israël a lancé des opérations terrestres élargies contre le Hamas à Gaza, suscitant une forte réponse du Hezbollah dans le sud du Liban. Le groupe, un puissant parti politique chiite et une organisation militante soutenue par l'Iran, s'est engagé à soutenir le Hamas et s'est engagé dans des échanges quotidiens de roquettes et de missiles antichar avec les forces israéliennes de l'autre côté de la Ligne bleue.
Ascension des tensions entre Israël et le Hezbollah
La situation sécuritaire le long de la frontière israélo-libanaise s'est fortement détériorée au cours des trois dernières semaines. Les Forces de défense israéliennes (FDI) ont répondu aux provocations du Hezbollah par des tirs d'artillerie, des frappes de drones et des frappes aériennes ciblées, atteignant souvent plusieurs kilomètres du territoire libanais. Le Hezbollah, à son tour, a intensifié ses attaques contre les positions militaires israéliennes et les communautés frontalières, forçant des dizaines de milliers de civils des deux côtés à évacuer leurs maisons.
Les analystes préviennent que les échanges actuels de représailles ressemblent de façon frappante au prélude de la guerre du Liban de 2006, faisant craindre une véritable conflagration régionale. Les opérations israéliennes élargies mentionnées par la FINUL font référence à une posture plus agressive adoptée par Tsahal, comprenant des incursions plus profondes et un éventail de cibles plus large, ce qui augmente considérablement le risque de dommages collatéraux et d'erreurs de calcul dans une zone déjà densément militarisée.
Le ciblage des soldats de maintien de la paix de l'ONU, qu'il soit intentionnel ou accidentel, complique encore davantage un scénario déjà instable. Cela suscite non seulement une condamnation internationale, mais soulève également des questions sur la sécurité du personnel non combattant déployé pour maintenir la paix dans une région où la paix s'érode rapidement.
Tollé international et appels à la désescalade
Le gouvernement indonésien a exprimé sa profonde tristesse et son indignation face à la mort de ses soldats de maintien de la paix. Lors d'une conférence de presse à Jakarta, le ministre des Affaires étrangères Retno Marsudi a appelé à une enquête rapide et impartiale, soulignant que "les attaques contre les soldats de maintien de la paix de l'ONU sont des crimes de guerre et doivent faire l'objet de poursuites". Elle a réitéré l'engagement inébranlable de l'Indonésie en faveur de la paix et de la sécurité mondiales, mais a également exhorté toutes les parties à respecter la neutralité de la FINUL et à assurer la sécurité de son personnel.
Le Conseil de sécurité des Nations Unies, lors d'une session d'urgence, a fermement condamné les attaques et a appelé à la cessation immédiate des hostilités et au respect du mandat de la FINUL. Le Secrétaire général António Guterres a exhorté toutes les parties à faire preuve d'un maximum de retenue et à désamorcer la situation, avertissant qu'un conflit régional plus large aurait des conséquences catastrophiques pour les populations civiles.
La perte tragique du sergent-major Sutrisno et du caporal Santoso nous rappelle cruellement les immenses sacrifices personnels consentis par les soldats de la paix dans le monde. Leurs morts soulignent la nécessité urgente de déployer des efforts diplomatiques pour désamorcer le conflit au Moyen-Orient, en veillant à ce que ceux qui se dressent entre les factions belligérantes ne soient pas eux-mêmes pris entre deux feux d'une guerre qui s'étend.






