Des paiements importants se profilent pour le financement de voitures mal vendues
Des millions de conducteurs à travers le Royaume-Uni devraient recevoir une compensation importante, le régulateur de la ville confirmant qu'une moyenne de 829 £ sera versée aux personnes touchées par des transactions de financement de voitures mal vendues. La Financial Conduct Authority (FCA) a révélé qu'un nombre impressionnant de 12,1 millions d'accords de financement automobile pourraient être éligibles à une réparation, ce qui pourrait conduire à une facture d'indemnisation totale dépassant 10 milliards de livres sterling pour les prêteurs.
Cette décision historique fait suite à un examen approfondi par la FCA des accords de commission discrétionnaire (DCA) historiques sur le marché du financement automobile, qui permettaient aux courtiers et aux concessionnaires de manipuler les taux d'intérêt sur les prêts automobiles, souvent aux dépens du consommateur. L'intervention du régulateur marque une victoire majeure pour la protection des consommateurs et un bilan coûteux pour l'industrie.
La racine du problème : les commissions cachées
Au cœur du scandale se trouvaient les accords de commission discrétionnaire, qui étaient répandus sur le marché britannique du financement automobile dès 2007 jusqu'à leur interdiction par la FCA le 28 janvier 2021. Dans le cadre de ces accords, les prêteurs ont donné aux courtiers et aux concessionnaires automobiles le pouvoir discrétionnaire de fixer les intérêts. taux facturé aux clients pour leurs accords de financement. Surtout, plus le taux d'intérêt fixé est élevé, plus le courtier gagne de commissions.
Ce système opaque a créé un conflit d'intérêts évident. Les concessionnaires ont été incités à facturer à leurs clients des taux d'intérêt plus élevés, non pas en fonction de la solvabilité du client ou des conditions du marché, mais en fonction de la possibilité d'une augmentation des commissions. De nombreux consommateurs ne savaient pas que leur taux d'intérêt était négociable ou que leur concessionnaire touchait une commission directement liée au montant qu'ils payaient. Ce manque de transparence signifiait que les conducteurs finissaient souvent par payer plus pour leur financement automobile qu'ils n'auraient dû, sans aucune justification claire.
Examen approfondi et calendrier de la FCA
La FCA a lancé son examen de ces pratiques historiques en janvier 2024, suite à une augmentation significative des plaintes liées aux accords de financement automobile. Le régulateur a exprimé ses inquiétudes quant au fait que les prêteurs n'ont peut-être pas enquêté et répondu de manière adéquate à ces plaintes, ce qui a conduit à des résultats incohérents pour les consommateurs.
La période d'examen cible spécifiquement les accords conclus avant l'interdiction des DCA par la FCA début 2021. Le chiffre de 12,1 millions représente le nombre estimé d'accords qui auraient pu impliquer ces structures de commission problématiques. Bien que le montant moyen de l'indemnisation s'élève à 829 £, les paiements individuels varient considérablement en fonction des spécificités de chaque transaction financière, notamment le montant du prêt, le taux d'intérêt et l'étendue de la commission non divulguée.
Actuellement, la FCA est en train de recueillir des informations supplémentaires auprès des prêteurs et a l'intention d'annoncer ses prochaines étapes ainsi qu'un cadre de recours formel d'ici septembre 2024. Ce cadre définira comment les entreprises doivent identifier et indemniser les clients concernés, garantissant une approche cohérente et équitable dans l'ensemble du secteur.
Qui est éligible et comment faire une réclamation
Les clients qui ont conclu un accord de financement automobile – tel qu'un contrat d'achat personnel (PCP) ou un contrat de location (HP) – entre le 6 avril 2024. 2007 et le 27 janvier 2021, où un accord de commission discrétionnaire était en place, seront probablement éligibles à une compensation. Il est important de noter que le simple fait d'avoir souscrit un financement automobile pendant cette période ne garantit pas automatiquement l'éligibilité ; la structure de commission spécifique doit avoir été présente.
Alors que la FCA travaille à un système de recours standardisé, les consommateurs qui estiment avoir été affectés peuvent actuellement déposer une plainte directement auprès de leur fournisseur de financement. S'ils ne sont pas satisfaits de la réponse de l'entreprise, ou si l'entreprise ne répond pas dans un délai de huit semaines, les consommateurs peuvent alors transmettre leur plainte au Financial Ombudsman Service (FOS). Le FOS a déjà fait droit à un nombre important de ces plaintes, ce qui indique une tendance évidente à l'injustice.
Un bilan coûteux pour les prêteurs
Le coût total pour le secteur du financement automobile devrait être substantiel, certains analystes estimant que la facture finale pourrait atteindre bien plus de 10 milliards de livres sterling, faisant un parallèle avec le colossal scandale de vente abusive de l'assurance de protection des paiements (PPI) qui a coûté aux banques plus de 38 milliards de livres sterling. Les principaux prêteurs comme Lloyds Banking Group, propriétaire de Black Horse Finance, ont déjà commencé à constituer des provisions importantes pour couvrir les coûts d'indemnisation potentiels.
Cette évolution souligne l'engagement indéfectible de la FCA à garantir l'équité et la transparence sur les marchés financiers. Il envoie un message clair à toutes les institutions financières : ne pas agir dans le meilleur intérêt de leurs clients, notamment par le biais de structures de rémunération opaques et conflictuelles, entraînera de graves conséquences financières et de réputation. Toutefois, pour des millions de conducteurs britanniques, cela représente une opportunité tant attendue de récupérer des fonds injustement prélevés, rétablissant ainsi une certaine confiance dans le système.






