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L’infrastructure sidérurgique iranienne est paralysée : des frappes aériennes ont fermé des usines clés

Les deux plus grandes aciéries iraniennes, Mobarakeh et Khuzestan Steel, ont été fermées en raison de frappes aériennes, que Téhéran impute à Israël et aux États-Unis. Les fermetures pourraient infliger plus d'un milliard de dollars de pertes mensuelles, nuisant gravement à l'économie iranienne frappée par les sanctions.

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L’infrastructure sidérurgique iranienne est paralysée : des frappes aériennes ont fermé des usines clés

Les principaux centres industriels s'arrêtent

TEHERAN — Les deux plus grandes installations de production d'acier d'Iran, la Mobarakeh Steel Company à Ispahan et la Khuzestan Steel Company à Ahvaz, ont cessé leurs activités à la suite d'une série de frappes aériennes sophistiquées la semaine dernière. Les autorités iraniennes ont rapidement attribué les attaques coordonnées à Israël, affirmant qu’il avait agi en collaboration avec les États-Unis, une accusation que les deux pays n’ont pas encore abordée publiquement. L'arrêt soudain de ces géants industriels, responsables d'une part importante de la production d'acier iranienne, menace d'infliger de profonds dommages à une économie déjà ébranlée par les sanctions internationales et les pressions internes.

Des rapports de médias affiliés à l'État et des déclarations de responsables de l'entreprise confirment que les infrastructures critiques des deux sites ont subi des dommages considérables aux petites heures du matin du 23 octobre 2023. Des sources au sein du ministère iranien de l'Industrie, des Mines et du Commerce, s'exprimant de manière anonyme, ont indiqué que des munitions à guidage de précision ont ciblé des unités opérationnelles clés, notamment les hauts fourneaux, les laminoirs et les sous-stations électriques, les rendant inutilisables. Les premières évaluations suggèrent que les réparations pourraient prendre plusieurs mois, voire plus, en fonction de l'ampleur des dégâts et de la disponibilité des pièces de rechange, dont beaucoup sont soumises à de strictes restrictions à l'importation.

Retombées économiques : une crise qui s'aggrave

Les répercussions économiques immédiates devraient être graves. La Mobarakeh Steel Company, en tant que plus grand producteur d'acier du Moyen-Orient, représente à elle seule environ 50 % de la production totale d'acier de l'Iran, Khuzestan Steel contribuant une autre part substantielle. Ensemble, ces usines produisent plus de 15 millions de tonnes d'acier par an, un produit essentiel pour les secteurs iraniens de la construction, de l'automobile et de l'énergie, ainsi qu'une source importante de revenus d'exportation.

Les économistes de l'Université de Téhéran estiment que la perte directe de production pourrait s'élever entre 800 millions à 1,2 milliard de dollars par mois de revenus, en tenant compte à la fois de l'offre intérieure et des exportations internationales. En outre, la fermeture affecte directement plus de 35 000 employés dans les deux entreprises, avec des effets d’entraînement potentiels sur leurs vastes chaînes d’approvisionnement, affectant des centaines de milliers d’emplois indirects. Le rial iranien, déjà volatil, a connu une forte dépréciation par rapport aux principales devises dans les jours qui ont suivi les attentats, signalant l'appréhension des investisseurs et la crainte d'une escalade de l'instabilité économique. Cet incident exacerbe un paysage économique déjà difficile, marqué par des taux d'inflation supérieurs à 40 % et un chômage élevé des jeunes.

Les accusations de Téhéran et les tensions géopolitiques

Le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, Nasser Kanaani, a condamné ces frappes comme un acte flagrant de terrorisme économique et une violation du droit international. "Ces actes lâches, orchestrés par le régime sioniste avec la complicité évidente des États-Unis, visent à paralyser les capacités industrielles de notre pays et à saper notre souveraineté", a déclaré Kanaani lors d'une conférence de presse à Téhéran. Il a juré que l'Iran se réservait le droit de répondre de manière décisive à de telles agressions.

Ni Washington ni Jérusalem n'ont publié de déclaration officielle concernant les accusations de l'Iran. Ce silence est cependant caractéristique des précédentes opérations secrètes présumées attribuées à Israël dans la région. Les analystes suggèrent que si elles sont confirmées, ces frappes représenteraient une escalade significative dans la guerre fantôme entre l’Iran et ses adversaires, allant au-delà des installations nucléaires et des cibles militaires pour cibler directement les infrastructures industrielles civiles vitales. Ce moment coïncide également avec des tensions accrues dans l'ensemble du Moyen-Orient, suscitant des inquiétudes quant à un potentiel conflit régional plus large.

Une économie vulnérable assiégée

L'industrie sidérurgique iranienne a longtemps été la pierre angulaire de son économie non pétrolière, jouant un rôle crucial dans la diversification des sources de revenus provenant des hydrocarbures, en particulier sous le poids des sanctions américaines paralysantes réimposées depuis 2018. L'industrie a connu des investissements et une croissance considérables, visant une production capacité de 55 millions de tonnes d'ici 2025. Les récentes frappes mettent gravement en péril ces ambitions et représentent un revers important.

L'attaque souligne la vulnérabilité du cœur industriel iranien face à une agression extérieure. Même si l’accent est mis dans l’immédiat sur la reprise économique, les implications à long terme pour la sécurité nationale et la stabilité régionale sont profondes. L’incident est susceptible d’intensifier les appels en Iran en faveur d’une stratégie de défense plus robuste et pourrait conduire à des actions de représailles, alimentant encore davantage le climat géopolitique instable. La communauté internationale observe avec inquiétude, appelant à la désescalade, tandis que l'ampleur des dégâts et leurs ramifications stratégiques continuent de se dévoiler.

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