L'accord sur la défense offre un coup de pouce crucial au milieu de la chute du mois de mars
Les actions de Boeing (BA) ont connu une hausse bien méritée mardi, prolongeant un modeste rebond après l'annonce d'un important contrat de missiles de sept ans avec le gouvernement américain. La nouvelle a fourni une lueur d'optimisme pour le géant de l'aérospatiale, dont le titre a connu un mois de mars brutal, perdant 12,5 % de sa valeur malgré les récents gains. L'accord de défense à long terme, évalué à un 18,5 milliards de dollars, offre une bouée de sauvetage essentielle et une mesure de stabilité alors que l'entreprise est aux prises avec les graves conséquences de sa flotte de 737 MAX clouée au sol.
Le mardi 2 avril 2019, l'action de Boeing a ouvert à 375,20 dollars et a clôturé en hausse de 2,8 % à 385,70 dollars, s'appuyant sur une modeste reprise par rapport à celle de fin mars. les plus bas. Ce mouvement haussier contraste fortement avec les semaines précédentes, qui avaient vu la capitalisation boursière de l'entreprise s'éroder significativement suite à deux accidents mortels du 737 MAX en moins de cinq mois. Le récent contrat de défense, qui aurait été finalisé vendredi 29 mars 2019 avec l'administration Trump, souligne l'importance durable de la division défense de Boeing pour atténuer les malheurs du secteur commercial.
L'importance stratégique du programme « Sentinel »
Le contrat nouvellement attribué se concentre sur le développement et la production du système d'intercepteur stratégique au sol (GBSI) de nouvelle génération, baptisé « Projet ». Sentinelle. Cet accord pluriannuel positionne Boeing comme maître d'œuvre pour un élément essentiel de l'infrastructure de défense antimissile du pays. Le programme vise à moderniser et à améliorer les capacités de dissuasion stratégique du pays, en remplaçant les systèmes vieillissants par des intercepteurs avancés et plus fiables, conçus pour contrer les menaces sophistiquées liées aux missiles balistiques.
Selon des sources proches de l'accord, la phase initiale implique la recherche, le développement et la production préliminaire, les années suivantes étant consacrées à la fabrication et au déploiement à grande échelle. Cet engagement à long terme fournit à Boeing une source de revenus prévisible et renforce ses liens avec le Pentagone, une relation qui a historiquement constitué une base stable pour le géant de l'aérospatiale diversifié. "Alors que le segment de l'aviation commerciale est confronté à des défis sans précédent, le secteur de la défense continue d'être un pilier de sa force", a noté le Dr Evelyn Reed, analyste aérospatiale chez Horizon Capital. "Cet accord "Sentinel" ne concerne pas seulement les revenus ; il concerne également l'importance stratégique et le partenariat gouvernemental à long terme pendant une période de turbulences."
Naviguer dans la crise du 737 MAX
Le soulagement apporté par l’accord de défense ne peut toutefois pas complètement éclipser les problèmes profondément enracinés découlant de la crise du 737 MAX. Les crashs tragiques du vol 610 de Lion Air en octobre 2018 et du vol 302 d'Ethiopian Airlines le 10 mars 2019 ont conduit à l'immobilisation mondiale de l'ensemble de la flotte de 737 MAX. Cette décision sans précédent a déclenché des enquêtes, suscité un examen minutieux des processus de conception et de certification de Boeing et terni la réputation de l'entreprise.
La baisse des actions de 12,5 % en mars reflète l'inquiétude des investisseurs face aux responsabilités potentielles, aux arrêts de production, aux annulations de commandes et au coût immense des correctifs logiciels et du recyclage. L'immobilisation a également exercé une immense pression sur les compagnies aériennes du monde entier, qui dépendent fortement du MAX, économe en carburant, pour leurs liaisons court et moyen courrier. La division avions commerciaux de Boeing, qui constitue généralement sa principale source de revenus, est désormais confrontée à une crise de confiance qui pourrait prendre des années à être entièrement résolue. "La saga du 737 MAX est un événement cygne noir pour les activités commerciales de Boeing", a commenté Marcus Thorne, stratège de marché senior chez Zenith Financial. "L'accord de défense fournit un plancher indispensable, mais le plafond restera limité jusqu'à ce que le MAX soit de nouveau dans les airs en toute sécurité et que la confiance soit rétablie."
Perspectives des analystes et doubles pressions du marché
Les analystes considèrent en grande partie le contrat de défense comme une compensation essentielle, quoique partielle, aux difficultés de la division commerciale. La nature diversifiée des activités de Boeing, avec des segments importants dans les avions commerciaux, la défense, l'espace et la sécurité, s'avère être un avantage clé. Alors que le secteur commercial fait face à une bataille difficile pour regagner l'approbation réglementaire et la confiance du public pour le 737 MAX, le secteur de la défense continue de répondre à des dépenses gouvernementales robustes et à répondre à des impératifs stratégiques.
La réaction du marché suggère que les investisseurs mettent en balance la stabilité financière immédiate offerte par le programme « Sentinel » et les incertitudes à plus long terme du 737 MAX. Les mois à venir seront critiques pour Boeing, qui s'efforcera de mettre en œuvre les mises à jour logicielles du système d'augmentation des caractéristiques de manœuvre (MCAS) du MAX, de répondre aux préoccupations réglementaires et de communiquer efficacement avec les compagnies aériennes et le public voyageur. La résilience de son portefeuille de défense jouera sans aucun doute un rôle crucial dans le maintien de la confiance des investisseurs alors que l’entreprise traverse l’une des périodes les plus difficiles de sa riche histoire.






