Une vie écourtée dans les collines d'Hébron
AL-FAWAR, Cisjordanie occupée – La Cisjordanie occupée est sous le choc d'une autre tragédie, lorsque Mohammad al-Malhi, un agriculteur palestinien de 42 ans, a été abattu le mercredi 15 novembre 2023, près de son village d'al-Fawar, au sud d'Hébron. Sa mort marque une étape importante, faisant de lui le septième Palestinien tué par un colon israélien dans une vague de violence qui s'est emparée de la région depuis le début du conflit régional actuel, qui a vu des tensions géopolitiques accrues impliquant l'Iran.
Selon les résidents locaux et le ministère palestinien de la Santé, al-Malhi entretenait ses oliveraies sur un terrain proche de l'avant-poste israélien illégal de « Giv'at Hamad » lorsqu'il aurait été confronté à un groupe de colons armés. Des témoins ont rapporté avoir entendu des coups de feu avant qu'al-Malhi ne soit retrouvé mortellement blessé. Les ambulanciers du Croissant-Rouge palestinien sont arrivés rapidement mais n'ont pas réussi à le réanimer. Il a été déclaré mort sur les lieux des suites d'une blessure par balle à la poitrine.
Al-Malhi, père de quatre enfants, était connu dans sa communauté pour son dévouement à sa terre, que sa famille cultive depuis des générations. Sa mort a provoqué une vague de chagrin et d'indignation à Al-Fawar et dans la région d'Hébron dans son ensemble, intensifiant les craintes parmi les Palestiniens dont la vie et les moyens de subsistance sont quotidiennement menacés par l'agression des colons.
La Cisjordanie à bout de souffle : une montée de la violence depuis octobre
L'assassinat de Mohammad al-Malhi souligne une escalade de violence profondément alarmante en Cisjordanie depuis les attaques du 7 octobre dans le sud d'Israël et le conflit qui a suivi en Cisjordanie. Gaza. Alors que l'attention internationale s'est largement concentrée sur la bande de Gaza, la Cisjordanie est simultanément devenue un creuset de tensions accrues et d'effusions de sang.
Les données compilées par le Bureau des Nations Unies pour la coordination des affaires humanitaires (OCHA) indiquent une augmentation significative des incidents liés aux colons. Depuis le 7 octobre, OCHA a documenté plus de 250 incidents de violence des colons contre les Palestiniens, allant du harcèlement et de l'intimidation à la destruction de biens et aux agressions directes. Ces incidents ont blessé des dizaines de Palestiniens et causé d'importants dégâts aux terres agricoles et aux habitations.
La mort d'al-Malhi porte à sept le nombre de Palestiniens tués par les colons israéliens au cours de cette période. Au-delà de la violence des colons, le bilan global des morts palestiniens en Cisjordanie a grimpé en flèche, avec plus de 190 Palestiniens, dont de nombreux enfants, tués par les forces israéliennes ou les colons depuis le 7 octobre, selon le ministère palestinien de la Santé. Cette période représente l'une des plus meurtrières pour les Palestiniens de Cisjordanie depuis des décennies.
L'expansion incontrôlée et son coût humain
La violence est inextricablement liée à l’expansion continue des colonies et avant-postes israéliens, considérés comme illégaux au regard du droit international. Ces colonies, souvent établies sur des terres palestiniennes privées, créent des foyers de conflit alors que colons et Palestiniens se disputent les ressources et les territoires.
Les organisations de défense des droits humains, tant israéliennes qu'internationales, ont depuis longtemps documenté un modèle d'impunité entourant la violence des colons. Des groupes comme B'Tselem et Yesh Din signalent systématiquement de faibles taux d'inculpation pour les colons impliqués dans des attaques contre des Palestiniens, favorisant un environnement dans lequel les auteurs agissent souvent sans crainte de conséquences juridiques. Ce manque perçu de responsabilité exacerbe encore les tensions et érode la confiance dans l'État de droit.
Les Palestiniens vivant dans les zones adjacentes aux colonies et aux avant-postes, en particulier dans les collines du sud d'Hébron, sont confrontés à des menaces quotidiennes pour leur sécurité, leur accès à la terre et leur liberté de mouvement. La présence de colons armés, souvent sous la protection des forces de sécurité israéliennes, crée un environnement coercitif qui, selon de nombreux défenseurs des droits de l'homme, est conçu pour déplacer les communautés palestiniennes.
Appels à la protection et à la responsabilité
L'Autorité palestinienne a condamné avec véhémence l'assassinat d'al-Malhi, le qualifiant d'« acte de terreur barbare » et exhortant la communauté internationale à fournir une protection immédiate aux civils palestiniens. Le Dr Mustafa Barghouti, directeur de la Palestine Medical Relief Society, a déclaré : "Cette violence incontrôlée des colons, souvent soutenue par une présence militaire, est une stratégie délibérée visant à terroriser les Palestiniens et à confisquer davantage de terres. Le monde doit agir pour mettre fin à ces crimes." protéger les civils palestiniens. Les organisations internationales de défense des droits humains, dont Amnesty International et Human Rights Watch, ont fait écho à ces appels, exigeant des enquêtes approfondies et transparentes sur la mort d'al-Malhi et sur tous les autres incidents de violence des colons.
« La communauté internationale ne peut pas se permettre de détourner le regard de la Cisjordanie », a déclaré un porte-parole d'un important groupe de défense des droits humains. « La nature systématique de cette violence, associée à une culture omniprésente de l'impunité, exige une intervention urgente pour sauvegarder des vies humaines et faire respecter le droit international. »
La mort tragique de Mohammad al-Malhi n'est pas un incident isolé mais un symptôme brutal d'une situation profondément enracinée et qui se détériore rapidement en Cisjordanie. Alors que les tensions régionales continuent de couver, le besoin urgent de désescalade, de responsabilisation et de protection des vies civiles n'a jamais été aussi crucial pour prévenir davantage d'instabilité et de souffrances humaines.






