Un nouveau chapitre pour Hyères historique
Dans la ville côtière ensoleillée de Hyères, une région célèbre pour son patrimoine artistique et sa proximité avec le fantôme littéraire d'Edith Wharton, une transformation architecturale remarquable a pris racine. Le jeune designer Edgar Jayet, 32 ans, a dévoilé son dernier opus magnum : une résidence privée qui défie toute catégorisation conventionnelle, mêlant le passé, le présent et un profond sentiment d'aventure dans une esthétique cohérente et profondément personnelle. Ce projet, situé à quelques pas de l'endroit où Wharton elle-même a trouvé l'inspiration dans son ancienne retraite française, le Pavillon Colombe, redéfinit ce que peut être une « maison » pour les véritables hypercultivés.
Jayet, diplômé de la prestigieuse École Camondo de Paris, a acquis fin 2021 ce qui était connu localement sous le nom de « La Vieille Huilerie » – un moulin à olives délabré du XIXe siècle. 1880, était abandonné, son toit en terre cuite s'effondrait, ses fenêtres brisées et son intérieur étouffé par des figuiers sauvages. "C'était plus une ruine qu'une résidence", se souvient Jayet lors d'une récente tournée exclusive. "Mais sous la décomposition, j'ai vu des ossements incroyables, une histoire qui attendait d'être racontée. L'histoire de Hyères, son héritage maritime et l'esprit intellectuel de personnages comme Wharton, tous semblaient étroitement liés à son tissu même."
Tisser des siècles de récits
La vision de Jayet était de créer une maison à la fois ancienne et tout à fait contemporaine, une demeure qui engagerait ses habitants autant intellectuellement qu'esthétiquement. Le cœur de cette philosophie est évident dans les intérieurs richement superposés de la propriété. Plutôt que d'adhérer à une seule période, Jayet a soigneusement sélectionné des éléments qui s'étendent sur plusieurs siècles, créant un dialogue entre des époques historiques disparates.
L'une des caractéristiques les plus frappantes est l'utilisation omniprésente du mobilier de campagne. D'un ensemble de coffres de campagne anglo-indiens en acajou poli servant de tables d'appoint dans le salon à un bureau pliable relié en laiton dans le bureau, ces pièces évoquent un sentiment d'aventure et une utilité raffinée. "Le mobilier de campagne raconte une histoire de voyage, d'exploration et d'adaptabilité", explique Jayet. "Il est robuste, élégant et porte une histoire inhérente d'officiers, d'explorateurs et de diplomates traversant le monde. Il fonde la maison dans un esprit de curiosité intellectuelle et de mouvement."
En complément de cela, la myriade de reliques de navires qui parsèment la propriété. Un volant en teck récupéré d'un cargo des années 1930 sert désormais de point focal dramatique dans le hall d'entrée à double hauteur. Des sextants et des boussoles antiques des XVIIIe et XIXe siècles sont exposés aux côtés d'une collection de maquettes de navires complexes, chacune témoignant du lien durable de Hyères avec la mer. Même la bibliothèque sur mesure, avec ses boiseries sombres et ses détails en laiton, est conçue pour évoquer la cabine intime d'un capitaine de navire sophistiqué, offrant une vue panoramique sur la presqu'île de Giens.
L'art de vivre
Les « références séculaires » ne sont pas simplement décoratives ; ils font partie intégrante de l'identité même de la maison. Des fragments de mosaïque romaine, mis au jour lors des fouilles initiales, ont été astucieusement intégrés au nouveau revêtement de sol de la véranda, offrant un lien direct avec l'Antiquité. Une véritable carte maritime hollandaise de la Méditerranée du XVIIe siècle est accrochée à côté d'une saisissante peinture abstraite réalisée par un artiste provençal contemporain. Dans la chambre principale, une commode française néoclassique de la période Louis XVI se dresse gracieusement face à un cadre de lit minimaliste conçu sur mesure, démontrant l'approche intrépide de Jayet en matière de mélange de styles.
Cet éclectisme délibéré s'adresse précisément à l'individu « hyperculturel » – quelqu'un qui apprécie l'interaction nuancée de l'histoire, de l'art et du design. La maison n’est pas seulement un endroit où vivre ; c'est un musée vivant, un récit en constante évolution. Chaque objet, chaque texture, chaque vue a été soigneusement pensé pour susciter la réflexion et inspirer un lien plus profond avec le monde.
La rénovation, achevée début 2024 après un processus méticuleux de deux ans, donne également la priorité aux pratiques durables. Jayet a assuré la préservation des murs en pierre d'origine, utilisé des matériaux d'origine locale lorsque cela était possible et incorporé des systèmes modernes économes en énergie, prouvant que le respect historique et la responsabilité contemporaine peuvent coexister de manière transparente.
Un héritage réinventé
La retraite d'Edgar Jayet à Hyères est plus qu'une simple maison ; c'est un manifeste pour un nouveau type de luxe. C'est un lieu où l'histoire n'est pas seulement observée mais vécue, où chaque recoin recèle une histoire et où le passé éclaire un présent dynamique et tourné vers l'avenir. Dans un monde souvent dominé par des tendances éphémères, le travail de Jayet à proximité du paysage légendaire d'Edith Wharton constitue un témoignage puissant d'un design intemporel, prouvant que la véritable sophistication réside dans la culture réfléchie de la culture, de l'histoire et d'une vision profondément personnelle.






